Un ouvrage de structure, pas une clôture
Derrière le mur, le sol pousse à l'horizontale. Cette poussée est presque nulle en haut et maximale en bas, parce qu'elle augmente avec la hauteur de terre au-dessus : c'est pourquoi un mur de soutènement est toujours plus épais et plus armé en pied qu'en tête.
L'eau
Elle ajoute une pression hydrostatique capable de renverser un mur calculé pour les terres seules.
Les surcharges en tête
Voiture en stationnement, abri, piscine, merlon.
La pente amont
Le terrain qui monte derrière le mur s'ajoute à la hauteur de terre retenue.
Un mur de clôture ne reprend rien de tout cela : c'est la différence que le PLU et les règles d'urbanisme reconnaissent.
Ce qui change à 2 m, et à 4 m
Le PLU d'abord
Le plan local d'urbanisme de la commune fixe les règles locales d'implantation, de hauteur et d'aspect, et c'est le premier document à ouvrir.
À partir de 2 m
Les formalités d'urbanisme évoluent au-delà de 2 m de hauteur : un mur qui fait aussi office de clôture y est soumis aux règles du PLU et à déclaration préalable.
Au-delà de 4 m
On ne se situe plus dans le domaine du mur courant : la conception relève d'une note de calcul de bureau d'études, et les dispositions de drainage et de ferraillage changent de nature.
Abords de monuments
Dans un rayon de 500 m autour d'un monument historique, l'avis de l'architecte des Bâtiments de France s'ajoute dès que l'ouvrage est visible de l'espace public. Le service urbanisme de votre mairie instruit la déclaration.
Ce que le dimensionnement doit montrer
Les ratios usuels de prédimensionnement d'un mur cantilever en béton armé donnent une épaisseur de voile comprise entre un dixième et un douzième de la hauteur retenue, et une largeur de semelle comprise entre la moitié et sept dixièmes de cette hauteur.

Un mur qui retient 2 m de terre repose donc sur une semelle d'environ 1 m à 1,40 m de largeur, enterrée. Un ouvrage dont la semelle est visiblement plus étroite n'a pas été calculé. La semelle descend sous la profondeur hors gel, 80 cm dans le Bas-Rhin, et dans les 464 communes du département en zone sismique 3, les liaisons semelle-voile et les aciers côté terre sont ceux du plan, pas ceux de l'habitude.
Le drainage, le point que certains devis suppriment
- Le matériau drainant et son filtreContre le voile, un granulaire drainant séparé du remblai par un géotextile ; sans filtre, les fines migrent et colmatent en quelques années.
- Le drain en pied et son exutoireUn drain posé en pied sur lit de gravillon, avec une pente et un point de rejet identifié avant de terrasser : un drain qui ne débouche nulle part ne draine rien.
- Les barbacanesDes sorties d'eau à travers le voile, qui doivent couler après un orage ; un mur qui suinte ou verdit est un mur dont le drainage ne fonctionne plus.
- Le remblai par couchesJamais d'un coup avec les déblais du chantier, jamais compacté contre un voile qui n'a pas fait sa résistance, jamais avec de l'argile là où il fallait un drainant.

Un devis de mur de soutènement qui ne décrit ni la semelle, ni le ferraillage côté terre, ni ces quatre éléments de drainage n'est pas moins cher : il est incomplet.



